Notre passion est mise à l’épreuve. Notre économie aussi.

Baisse de la consommation, Bordeaux bashing, prospection à l'étranger : nous racontons sans filtre la crise du vin et notre combat de vignerons indépendants en Médoc.

Depuis plusieurs années, le monde du vin traverse une crise profonde. Baisse de la consommation dans de nombreux pays, incertitudes économiques, inflation, changement des habitudes alimentaires, concurrence internationale et instabilité géopolitique : toute la filière est fragilisée.

À Bordeaux, c’est encore plus visible. Notre région, qui a longtemps incarné l’excellence viticole française, se retrouve parfois au cœur de critiques récurrentes. Certains parlent même de « Bordeaux bashing ».

Le « Bordeaux bashing », c’est quoi ?

C’est la tendance, dans les médias et chez certains amateurs, à critiquer systématiquement les vins de Bordeaux : prix jugés excessifs, image élitiste, marketing daté. Derrière la caricature se cache une réalité plus complexe. Le vignoble bordelais reste l’un des plus divers au monde, composé en grande majorité de petits domaines familiaux qui n’ont rien à voir avec les grands crus classés des magazines.

À Mille Roses, Sophie et moi, vignerons en appellations Margaux et Haut-Médoc, vivons cette période avec lucidité. Mais nous comptons bien regagner quelques parts du « gâteau » qui nous a fait vivre si longtemps.

Pourquoi nous avons quitté le confort de la barrique

Après de nombreuses années à ronronner avec une clientèle solide, nous avons repris le flambeau pour éclairer plus loin. Parce qu’en restant assis sur ma barrique, je n’ai encore jamais vu un importateur surgir de façon inopinée.

Alors nous bougeons. À la rencontre de nos clients, et surtout en nous essayant à la prospection à l’international.

Une douzaine de pays en deux ans

Depuis début 2025, nous avons participé à des « professional wine tastings » dans une douzaine de pays :

  • Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Estonie
  • Allemagne, Autriche, République tchèque
  • Grèce, Italie, Espagne
  • et même, plus récemment, l’Ouganda et le Cameroun

Nos efforts ne paient pas encore partout. En revanche, les contacts existent, et c’est déjà beaucoup.

Heureusement, nous entretenons toujours de bonnes relations commerciales avec des marchés installés : USA, Canada, Belgique, Suisse, Royaume-Uni, Hong Kong, Japon et Chine. Parfois sur de petites quantités, parfois pas directement par nous.

En parallèle, nous travaillons avec quelques négociants que nous respectons, chacun sur sa zone de chalandise, pour que tout le monde soit récompensé de ses efforts. Et bien sûr, une belle équipe de cavistes et de restaurateurs en France. Sans oublier notre clientèle de particuliers, avec qui les moments passés à l’ombre du chai restent des partages passionnants.

Ce qui a vraiment changé dans le monde du vin

Le secteur viticole mondial fait face à des évolutions de fond. Dans beaucoup de pays, la consommation diminue. Les jeunes générations consomment autrement : elles se tournent vers d’autres boissons ou réservent le vin à des occasions plus ponctuelles.

Dans le même temps, les marchés internationaux deviennent plus concurrentiels. Chaque région doit désormais expliquer son identité, ses pratiques et ses valeurs. Produire un bon vin ne suffit plus. Racontons son histoire, partager son savoir-faire et créer un lien de confiance.

C’est exactement ce que nous essayons de faire chaque jour. Notre ambition n’est pas seulement de vendre une bouteille. Nous voulons partager une histoire, un patrimoine, une passion, et surtout une aventure.

Pourquoi acheter chez un vigneron indépendant ?

Choisir une bouteille directement chez un vigneron indépendant, c’est bien plus qu’un achat. C’est soutenir un savoir-faire, un territoire et une famille qui assume tout de la vigne à la bouteille. Chaque achat finance un travail artisanal plutôt qu’une marque, avec une traçabilité totale et un lien direct avec celui qui a fait le vin.

Les coulisses, aussi, quand elles sont moins reluisantes

Nous y croyons, mais le chemin est semé d’embûches. Entre les dégustations « véreuses », pauvres en visiteurs ou mal organisées, et celles carrément « truquées », les surprises sont parfois dures à digérer. On pourrait vous en raconter quelques-unes, à vrai dire.

Mais il faut aller à la rencontre du monde et sortir de Mille Roses. Cela finira par payer, et nous enrichira de belles rencontres en chemin.

Notre pari pour la suite : la transparence

Sophie et moi professionnalisons un peu plus notre communication. Notre nouveau site, ce blog et les réseaux sociaux sont les outils que nous voulons mieux utiliser pour parler de nous et faire œuvre de transparence.

Dans cette période particulière, nous tenons à remercier tous ceux qui continuent à faire confiance aux producteurs indépendants : clients fidèles, cavistes, restaurateurs, distributeurs et visiteurs. Chaque bouteille choisie chez un vigneron est un soutien à un savoir-faire, à un territoire et à une manière de cultiver la terre.

La prochaine fois que vous ouvrez une bouteille, demandez-vous qui l’a faite. Et si le cœur vous en dit, poussez la porte d’un domaine plutôt que celle d’un rayon : c’est là que commence l’aventure.

Allez. Avanti !

David.

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