Bien entourés par nos voisins vignerons

Lascombes, Giscours, Palmer, Cantemerle : Mille Roses partage les graves et les cépages des crus classés de Margaux et du sud du Haut-Médoc. Voici notre voisinage.

Bien entourés par nos voisins vignerons ! 2

À Mille Roses, nous sommes plutôt très bien entourés. Entourés, mais pas écrasés, nous tenons à le préciser. Au fond, quelle que soit notre taille, nous vibrons tous du même frisson et partageons les mêmes angoisses de vigneron.

C’est une chance d’être installé tout contre certains crus classés, qui produisent des vins ciselés grâce à un savoir-faire et à des terroirs très ressemblants aux nôtres. Et Mille Roses n’est pas le seul petit vignoble à vivre dans cet environnement. Le Clos du Jaugueyron et le Château des Graviers, tous deux certifiés bio, sont des propriétés familiales de vignerons passionnés. Là, clairement, on parle de vins à forte identité et à fort engagement.

Nos voisins ? Des crus classés de 1855

Les vignes de Château Mille Roses sont réparties sur plusieurs parcelles, principalement sur les communes d’Arsac, Macau et Labarde, territoires emblématiques de l’appellation Margaux et du sud du Haut-Médoc.

À proximité immédiate se trouvent plusieurs domaines prestigieux classés en 1855. Parmi eux, le Château Lascombes, deuxième grand cru classé de Margaux, réputé pour ses vins riches et puissants, mais aussi le Château Palmer et, bien sûr, le Château Margaux.

Le Château Giscours, troisième grand cru classé, est l’un de nos voisins les plus remarquables. Ses vins sont souvent cités comme des modèles d’équilibre entre concentration et élégance. Nos terres jouxtent directement certaines de leurs parcelles.

Le Château Cantenac Brown, troisième grand cru classé, vient de construire un cuvier et un chai tout simplement fabuleux, avec l’ambition de devenir un incontournable du Haut-Médoc. Le Château Prieuré-Lichine, quatrième grand cru classé, ainsi que les Château Dauzac et Château du Tertre, cinquièmes grands crus classés, participent eux aussi à la renommée du secteur. Sans oublier, à Labarde, le Château Siran.

Plus au sud, Château Mille Roses se situe non loin du Château La Lagune, troisième grand cru classé. On y trouve aussi le Château Cantemerle et le Château Belgrave, deux cinquièmes grands crus classés reconnus pour leur constance et leur beau potentiel de garde. Le Château Cantemerle est notre voisin du sud, pour ainsi dire. Là encore, la propriété vient de réaliser un nouveau cuvier et un chai à barriques qu’il faut absolument visiter. Je crois bien que Sophie et moi avons été les premiers visiteurs, en septembre 2025, avec un couple d’amis tchèques.

Cette concentration exceptionnelle de propriétés prestigieuses dit beaucoup de la qualité intrinsèque des terroirs sur lesquels nous sommes implantés.

Un terroir commun, façonné par la Garonne

Le principal point commun entre Château Mille Roses et ses illustres voisins, c’est la nature du terroir. Tous ces domaines reposent sur les célèbres croupes graveleuses du Médoc.

Ces sols se sont formés pendant les périodes glaciaires et interglaciaires du Quaternaire. Les mouvements de la Garonne ont déposé, couche après couche, des graves composées de galets, de graviers, de sable et parfois d’argile. Ces matériaux constituent aujourd’hui l’une des richesses fondamentales du vignoble médocain.

Pourquoi les graves font-elles les grands vins du Médoc ?

Pour trois raisons. Elles assurent un drainage naturel très efficace : l’eau de pluie file vers les couches profondes et évite tout excès d’humidité autour des racines. Les galets accumulent la chaleur du soleil dans la journée pour la restituer la nuit, ce qui favorise une maturation régulière, précieuse pour le Cabernet Sauvignon. Enfin, ces sols pauvres obligent la vigne à plonger ses racines en profondeur pour chercher eau et nutriments, ce qui limite les rendements et concentre les arômes dans les baies.

À Mille Roses, nos terroirs en Haut-Médoc sont faits de graves plus fines sur des sols profonds. Nos deux parcelles de Margaux, elles, reposent sur des graves plus grosses et des sables noirs, le tout sur un sous-sol d’argile jaune. Nous partageons donc avec nos voisins les mêmes fondements géologiques, ceux qui font la réputation mondiale du Médoc.

Le Cabernet Sauvignon, roi de la rive gauche

Cette similitude de terroir explique aussi la place prépondérante du Cabernet Sauvignon dans les assemblages des propriétés voisines.

Malgré la difficulté, parfois, d’atteindre une maturité parfaite sur ce cépage, nous restons convaincus qu’il a tout pour faire un grand vin. Nous augmentons donc sa proportion depuis 25 ans, par nos choix de plantation comme par nos choix d’assemblage.

Pourquoi le Cabernet Sauvignon domine-t-il la rive gauche ?

Parce qu’il trouve dans les graves médocaines les conditions idéales pour mûrir pleinement. Il apporte aux vins leur structure tannique, leur aptitude au vieillissement et leurs arômes caractéristiques de cassis, de mûre, de cèdre et parfois de graphite. Le Merlot vient souvent en complément pour la rondeur, la souplesse et la gourmandise. Le Petit Verdot, plus minoritaire, renforce la couleur, la complexité aromatique et la fraîcheur.

Nous sommes aussi porteurs d’un savoir-faire de vigneron. Et malgré nos différences d’approche, nous partageons avec nos prestigieux, et sympathiques, voisins une même philosophie : chercher un équilibre harmonieux entre ces cépages pour exprimer au mieux le caractère du terroir.

Une identité gustative médocaine partagée

Après plus de 25 ans de vinification en Médoc, à la tête de ce petit vignoble de 10 hectares, je mesure le remarquable équilibre entre puissance et fraîcheur des vins de nos terroirs. La structure tannique est bien présente, mais jamais excessive. C’est cette architecture qui leur permet d’évoluer favorablement pendant de longues années en bouteille.

Les arômes de fruits noirs sont un autre trait partagé. Cassis, mûre, cerise noire et prune dominent souvent la jeunesse des vins. Avec le temps apparaissent des notes plus complexes de sous-bois, de tabac blond, de cèdre, de cuir fin et d’épices douces.

La complexité passe aussi, parfois, par des arômes plus végétaux, voire de légumes cuits. Tant que cela ne domine pas, c’est une surprise de plus au fil de la dégustation. Car un verre n’est jamais figé dans le temps : l’oxygène transforme rapidement le vin et lui fait exhaler une « foultitude » de registres aromatiques.

La fraîcheur reste un marqueur essentiel. Malgré leur concentration, les vins du Médoc gardent une belle tension qui évite toute lourdeur. C’est largement ce qui fait leur aptitude à table. Rien de pire qu’un vin lourd, qui ne désaltère pas et prend la place du plat en nourrissant beaucoup trop. Vive cet équilibre frais qui a fait la notoriété de Bordeaux pendant des siècles.

L’élégance, enfin, reste une valeur cardinale de ces terroirs. Même les vins les plus puissants y cherchent la finesse plutôt que la démonstration de force.

Une petite carte faite maison vous aidera à nous situer dans le sud du Médoc, quelque part entre le Château Cantemerle et le Château Giscours, nos plus illustres voisins.

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