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Vendanges 2011 : Précoces , stressantes mais finalement surprenantes…
6 octobre 2011
Les premiers jours de septembre semblent sonner le glas de ce millésime : la grêle ravage des vignobles sur Saint-Estèphe et sur la rive droite, des abats d’eau conséquents modifient brutalement un état sanitaire jusque là irréprochable...
Le courroux vient du ciel ! 2011 était-il si orgueilleux par sa précocité et sa richesse ?
Il n’en est rien. Tous ces événements ont généré du stress et ont demandé des vendanges soignées mais 2011 en cuve nous rassure et même nous impressionne.
Finalement après quelques nœuds à l’estomac, les raisins encuvés sont très prometteurs...
Par rapport à 2010, les titres alcooliques atteints sont inférieurs, l’acidité est bien présente, gage d’équilibre, la richesse phénolique est supérieure.
Comment est-ce possible ? Pourtant j’étais très pessimiste au début des vendanges. Comme quoi il ne faut pas vendre la peau de l’ours !
Un millésime en accéléré…
Un printemps ultra sec et très chaud laissait présager des problèmes de stress hydrique incommensurable pour la vigne, pourtant sa réponse a été une adaptivité racinaire surprenante.
Là où l’on s’attendait à voir tomber les feuilles comme en automne, le vignoble n’a pas montré de signe de dessèchement. Seuls les épisodes foudroyants de fin juin (42°) ont réalisé côté soleil couchant des effeuillages assez drastiques et grillé de nombreuses baies. Ces baies par ailleurs n’ont pas changé de couleur à la véraison ou se sont carrément desséchées.
Avec une floraison ultra précoce, on savait déjà que les sécateurs seraient sur les pédoncules dès début septembre.
2011 : contre toute attente, eu égard aux risques sanitaires précoces, le Cabernet Sauvignon, cépage plus tardif sera sans doute le gagnant du millésime. Tant mieux pour la rive gauche !
En tout cas cette chaleur nous a obligé à adapter nos habitudes de vigneron et à laisser tomber l’effeuillage de la zone des grappes à la nouaison, bien sûr avec toutes ces baies détruites par le soleil nous n’avons pas réalisé de vendanges vertes. Seuls les « paquets » potentiellement favorables au Botrytis furent allégés.
Juillet nous a arrosé mais août, relativement sec, a permis une bonne maturation. Début septembre, les pluies plus massives associées à un risque de Botrytis (pourriture) déjà bien présent pendant l’été commence à créer des dégâts et à nous stresser.
Vendanges à la main :
sur 2011 à la fois nécessaire car il fallait
bien trier la récolte et pourtant dangereux
car il a fallu ramasser vite…
A 18 h les vendangeurs sont chez eux !
Ceux qui vendangent à la machine
travaillent aussi de nuit !
Mais la nature est en avance...
En « Bio » le fait de moins traiter qu’en agriculture conventionnelle nous permet un achèvement de la maturité plus précoce. Ainsi nous ramassons de beaux raisins avec une belle acidité, nous assurant la fraîcheur dans les vins que nous visons particulièrement à Mille Roses.
De plus, d’après le labo nous atteignons des records en matière d’anthocyanes et de tanins. Tout cela est de bonne augure !
Ajoutez à cela : un véritable effort de valorisation de la récolte via des vendanges préparatoires pour éliminer ce qui était pourri et non encore mûr, quelques effeuillages sanitaires bien placés, un tri sous contrôle de nos vendanges, l’ensemble nous apporte au chai le meilleur de ce que l’on peut attendre de 2011…
Vinifier 2011 :
Des fermentations qui ne se font pas attendre et des achèvements faciles et rapides : pour bien extraire toutes les bonnes choses promises par ce raisin il fallait en profiter sur un court laps de temps. Les macérations nous donnent actuellement du gras et de la rondeur. Les durées de macération n’ont pas besoin d’être très longues pour cela, 3 à 4 semaines suffisent amplement.
L’élevage :
A Mille Roses nous écoulons directement les cuves en barriques pour la fermentation malolactique. Cela nous permet de bien isoler les différentes qualités et d’obtenir une prise de bois rapide. Le chai se remplit tranquillement et le 2010 commence à remonter dans les cuves libérées pour être assemblé.
Et la vigne ?
Tout recommence ! Nous venons de finir le travail des sols et commençons à baisser les fils en prévision de la taille qui démarrera fin novembre comme chaque année. Parallèlement nous allons réfléchir à la fumure de nos terres en examinant les données de récolte et de comportement de la vigne pendant ce cycle passé et bien sûr en s’appuyant sur des analyses de sol qu’il nous faut réaliser. Pas de quoi s’ennuyer !
Business :
Curieusement c’est au moment où les vendanges nous accaparent que chaque année les demandes de vin sont les plus intenses (avec mai pour les primeurs et la fin d’année). Le plus explosif, c’est le marché chinois qui nous sollicite régulièrement via le négoce bordelais. Nous sommes bien heureux de nous y installer progressivement, tant les marchés américains et japonais sont plus difficiles depuis quelques temps.
Début septembre le journal de 13 h de JP Pernaud est venu faire quelques images de Mille Roses et a diffusé un court reportage, une petite fierté bien sûr mais surtout un plaisir partagé en famille vu que même les enfants sont « passés à la télé ! ».!
Après un hiver de travail au chai nous en saurons un peu plus sur 2011 et vous le ferons savoir !
A bientôt à toutes et à tous et bonnes fêtes de fin d’année !

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